Racistes, Homophobes, Antisémites : Les fléaux incontrôlables de nos stades

Depuis de nombreuses années, certains fléaux ont pris une ampleur de plus en plus inquiétante…

Le gouvernement Phillipe s’attaque à l’homophobie dans les stades d’une manière assez brutale et inefficace du point de vue des supporters et de bon nombre de consultants et journalistes sportifs. On peut s’offusquer du traitement de faveur que reçoit cette cause au détriment des autres qui sont d’une grande importance. Est-ce vraiment le cas ?

Les gouvernements sont-ils plus enclins à protéger l’homophobie au détriment des autres causes ?

On entend souvent que les insultes racistes ou antisémites ne sont pas sanctionnées. Cela est-il vrai ? Existe-t-il des textes pour lutter contre ces fléaux et sont-ils appliqués ?

Il existe déjà un arsenal juridique concernant le racisme et l’antisémitisme :

Article L332-11 modifié par LOI n° 2011-267 du 14 mars 2011 — art. 62

Les personnes coupables de l’une des infractions définies aux articles L. 332-3 à L. 332-10 et L. 332-19 du présent code encourent également la peine complémentaire d’interdiction de pénétrer ou de se rendre aux abords d’une enceinte où se déroule une manifestation sportive, pour une durée qui ne peut excéder cinq ans. La personne condamnée à cette peine est astreinte par le tribunal à répondre, au moment des manifestations sportives, aux convocations de toute autorité ou de toute personne qualifiée que la juridiction désigne dans sa décision. Cette décision peut prévoir que l’obligation de répondre à ces convocations s’applique au moment de certaines manifestations sportives, qu’elle désigne, se déroulant sur le territoire d’un État étranger.

Cette peine complémentaire est également applicable aux personnes coupables de l’une des infractions définies aux articles 222-11 à 222-13, 322-1 à 322-4, 322-6, 322-11 et 433-6 du code pénal lorsque cette infraction a été commise dans une enceinte où se déroule une manifestation sportive ou, à l’extérieur de l’enceinte, en relation directe avec une manifestation sportive.

Y a-t-il déjà eu des sanctions ?

Un petit récapitulatif des faits :

En 1989, le gardien de but franco-camerounais Joseph Antoine Bell est victime d’actes racistes lors de son retour au Stade Vélodrome en 1989 avec le maillot de Bordeaux. Pendant toute la rencontre, des bananes sont lancées en sa direction depuis les tribunes par certains supporters marseillais. Ce scandale révèle au grand jour la montée du racisme dans les stades français à la fin des années 1980 et incite par la suite les responsables des clubs français à se pencher sérieusement sur ce problème pour y remédier.

Le 13 novembre 2004, Pascal Chimbonda et Franck Matingou ont été victimes d’insultes racistes par quelques supporters bastiais. On pouvait entendre Sale Noir, rentre chez toi à leur sortie du stade Armand-Cesari, en Corse.

Le 7 mai 2005, au cours d’une rencontre entre Bastia et le FC Istres disputée au stade Armand Cesari, le joueur sénégalais du FC Istres Moussa N’Diaye puis Pascal Chimbonda déclarent être victimes d’insultes racistes. Ce dernier souhaite même quitter la pelouse en cours de match, avant de changer d’avis à la suite de l’intervention de Christian Karembeu. À la suite de cela, la Fédération française de football puis la SC Bastia saisissent le procureur de la République de Bastia afin de déposer une plainte contre X. Cette plainte est classée sans suite, faute de preuves.

Le 18 avril 2007, Milan Baros a été accusé de racisme envers Stéphane Mbia après s’être pincé le nez et agité la main, comme pour chasser une odeur, sous le nez du milieu défensif camerounais du Stade Rennais. Le 4 mai 2007, Milan Baros a été condamné à trois matches de suspension.

Le 14 septembre 2007, lors d’un match de Ligue 2 opposant le FC Libourne-Saint-Seurin au SC Bastia au Stade Jean-Antoine-Moueix, le joueur originaire du Burkina Faso Boubacar Kébé fut expulsé pour un doigt d’honneur envers les supporters corses regroupés au sein de l’espace visiteur du stade. Le lendemain, il déclara avoir été victime d’insultes racistes, une plainte contre X est alors déposée. Le 16 octobre 2007, à la suite de cette affaire Kébé, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel décida de retirer un point au SC Bastia — une première dans l’histoire du football français concernant la lutte contre le racisme.

Le 22 février 2008, lors du match retour, Boubacar Kébé se déclara blessé et fut donc absent du voyage en Corse. Des supporters bastiais déployèrent deux banderoles mentionnant Kébé on n’est pas raciste, la preuve on t’encule, en réaction aux accusations portées contre leur club. Une nouvelle fois, les médias crièrent au racisme et même à l’homophobie. L’affaire fut portée devant la justice et le 20 novembre 2008, le tribunal administratif de Bastia décida de rendre le point au SC Bastia, estimant que rien ne prouvait l’origine des insultes entendues par Boubacar Kébé.

Le 16 février 2008, le défenseur de Valenciennes, Abdeslam Ouaddou est la cible d’insultes racistes pendant toute la rencontre venant d’un supporter du FC Metz. Le défenseur perdra son sang-froid à la mi-temps en décidant d’aller voir le supporter. Il écopera d’un carton jaune. Le supporter sera condamné à trois mois de prison avec sursis et trois ans et demi d’interdiction de stade.

En mars 2008, alors joueur du FC Bastia, Frédéric Mendy a fait l’objet de cris de singe à Grenoble.

Le 19 avril 2008, durant le match opposant l’olympique Lyonnais à Strasbourg, l’entraîneur alsacien Jean-Marc Furlan insulte Fabio Grosso de macaroni de merde. À l’issue de la encontre, il ajoutera on ne peut pas dire que l’Italien a renié ses gènes ou sa race.

Le 2 juin 2009, le footballeur amateur Maxence Cavalcante évoluant en deuxième division départementale à Lagnieu devient le premier footballeur français condamné pour insulte raciste sur un terrain. Lors d’un match opposant Lagnieu à Roussillon, le joueur de Lagnieu traite un adversaire de sale nègre et sale singe. À la suite de cela l’arbitre arrête le match ce qui est très rare. Suspendu, Maxence Cavalcante est condamné à quatre mois de prison avec sursis et 1 500 euros d’amende pour insultes racistes. Il s’agit là d’un jugement historique en France puisque pour la première fois, la justice condamne un footballeur pour racisme

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Racisme_dans_le_football#France.

Peut-on considérer que cela soit suffisant concernant le racisme ? À mon avis cela ne l’est pas…

Le 11 juillet 2019, La LICRA et la LFP créent un outil de signalement contre le racisme et les discriminations dans les stades.

Source : http://www.licra.org/la-licra-et-la-lfp-creent-un-outil-de-signalement-contre-le-racisme-et-les-discriminations-dans-les-stades

Il existe donc déjà des dispositifs de lutte contre tous les sujets qui touchent notre société… Cela ne pourra se faire que si les supporters et les clubs sont totalement intégrés dans ce projet. Aujourd’hui, le dialogue semble rompu avec les supporters. Difficile de faire passer le bon message dans ce genre de situation. La prise de conscience doit être générale et doit permettre de modifier nos comportements sans pour autant atteindre nos libertés.

Nous ne sommes pas libres de chanter si ce chant réduit les libertés d’une communauté ou en dégrader son image.

Il y a un manque de dialogue de l’ensemble des acteurs et nous en sommes tous responsables.

Ces combats sont-ils traités avec la même rigueur ?

Il faut comprendre que le racisme et l’antisémitisme sont des luttes qui ne datent pas d’hier… mais de nos jours, il y a des acteurs qui entrent dans la danse et qui mettent les projecteurs sur des sujets sociétaux. Les réseaux sociaux… Twitter, Facebook, instagram… Tous relais des photos et vidéos qui deviennent virales.

Le Mariage pour tous a été un véritable séisme concernant l’homophobie. Mettant en avant un sujet sous traité. Aucun arsenal juridique n’encadrait ce sujet précis. Les autres étant déjà sévèrement sanctionnés dans et hors des stades.

OOOOOOOH HISSE ! ENCU…

Je me rappelle, gamin, les rigolades quand le gardien de l’équipe adverse dégageait le ballon. Tous en cœur, on balançait ce HO HISSE….

Ce fut drôle certes, mais n’était-il pas blessant ?

Pourquoi ce mot est-il devenu si commun dans notre langage ?

Pourquoi n’avons-nous pas conscience qu’un mot aussi simple puisse être blessant ?

Pourquoi sommes-nous obligés d’insulter l’équipe adverse pour encourager notre équipe ?

Le foot n’est plus ce sport populaire des années 80 – 90, mais un véritable spectacle qui doit être accessible à tous sans haines et discriminations.

Aucun club ne pourra se passer des supporters qui font, eux aussi, partie du spectacle.

Toutes les associations de lutte contre les discriminations devraient se réunir avec les groupes de supporters, la LFP, les membres du gouvernement afin d’avoir un objectif commun.

Cela va avec une prise de conscience collective. Comprendre que notre monde change. Comprendre que nos enfants n’ont pas les repères pour comprendre ces fléaux, comprendre le respect de l’autre et accepter les différences.

Il y a un autre sujet qui pour le moment est passé sous silence, le football féminin est lui aussi victime d’attaque sexiste. Avant d’avoir à légiférer et sanctionner, vaut mieux en parler, éduquer.

Je ne rentrerai pas dans la sémantique du mot enc… Je laisse le soin à chacun d’aller voir ce que cela signifie : http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/encul%C3%A9/fr-fr/.

Un point de vue de pour la rédaction

2 réflexions sur “Racistes, Homophobes, Antisémites : Les fléaux incontrôlables de nos stades”

  1. vandenabeele didier

    Arrêtons de se cacher la face on n’a tous un peu de racisme en soi et puis ça fait partie du folklore du foot de tout temps, alors arrêtons les hymnes nationaux et prenons un hymne européen ou mondial du foot. Voilà ce que je pense.

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